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K U L T U R P R E I S  D E R    B U R G E R G E M E I N D E  B E R N  1998

Im Jahre 1998 durfte Mumprecht als erste Einzelperson den mit CHF 100'000 dotierten Kulturpreis der Burgergemeinde Bern in Empfang nehmen. Im Zuge dieser Preisverleihung entstand die monographische Publikation zur «Bibliothèque insolite» Im Gegenzug haben Rudolf und Esther Mumprecht, Köniz, das Archivmaterial, die sogenannte «Bibliothèque insolite», der Burgerbibliothek Bern geschenkt. Mit diesem umfangreichen Corpus steht nun der Forschung eine umfassende Dokumentation zur Entwicklungsgeschichte seiner «peinture d`écriture» zur Verfügung, die in Zukunft jede kunsthistorisch-kritische Auseinandersetzung mit seinem Werk auf das autorisierte Quellenmaterial verpflichtet und zudem einen neuen Zugang zum Werkverständnis und zur Interpretation ermöglicht. [Edmond Charrière 2002 Benteli Verlag «Bibliothèque insolite»]

Es wurde vereinbart, den Nachlass schrittweise der Burgerbibliothek zu übergeben. Eine erste Übergabe erfolgte im Jahre 2002.

Der Nachlass Rudolf Mumprecht umfasst zum aktuellen Zeitpunkt: Skizzenbücher, «lettres sans adresse», Eulenuniversum, verschiedene Studien und Projekte sowie Kataloge und Drucke.

Der Bestand ist einerseits durch ein ausgedrucktes Inventar erschlossen und andererseits in der Datenbank scopeArchiv der Burgerbibliothek Bern abfragbar.

«Lettres sans adresse» Grösse A4 Burgerbibliothek Bern @ by ProLitteris Zürich
«Lettres sans adresse» Grösse A4 Burgerbibliothek Bern @ by ProLitteris Zürich

A propos de la «bliothèque insolite» de Mumprecht
[…] La prise de parole par l’écriture et le dessin est une réaction à l’arbitraire, et donc à l’impasse de la peinture informelle, et la tentative de «conjurer l’absence, le silence natif des formes», pour reprendre l’expression de Michel Foucault, en restituant aux signes leur lisibilité. Or pour retrouver cette lisibilité, il ne suffit pas de renvoyer le signe au mot ou à l’image, c’est à dire au langage verbal en devenant écrivain, ou à la représentation en revenant purement et simplement à la figuration. Il s’agit bien plutôt de refonder visuellement et conceptuellement la relation du mot et de l’image, de rétablir leur lieu commun, de subvertir, à l’instar de Paul Klee ou de certains artistes de l’Art brut, la disjonction du corps et du sens des signes, d’«écrire une  peinture en mots» ou de «peindre en mots des poèmes» comme l’écrit Mumprecht lui-même. […]
Ailleurs, il établit la relation spéculaire de l’écriture et du dessin: «écrire, c’est dessiner et desssiner c’est écrire», ou «schreibend zeichnen, zeichnend schreiben», ou encore  «a picture writing, a written picture». Le dessin est véritablement source de vie: «Am Anfang war die Zeichnung». C’est la même action, le même geste, la même trace de la main dans l’espace qui indifféremment engendre le mot ou l’image. Le dessin, c’est ce qui donne corps au mot et, inversement, ce qui donne sens au corps; par lui le verbe se fait chair: il y a, dans cette conception du dessin, et donc du langage, du rapport du signifiant au signifié, une sorte d’homologie avec le mystère chrétien de l’incarnation, que Mumprecht synthétise admirablement dans cet aphorisme «la main parle», et qui situe sa démarche à l’opposé de l’art conceptuel. De là vient également sa fascination pour les pictogrammes, les chiffres, les symboles graphiques qui, n’étant ni tout à fait mot ni tout à fait image, assurent leur «transubstanciation», c’est à dire, de l’un à l’autre, la circulation et l’échange des significations. […]
 
Edmond Charrière


In: Bibliothèque insolite,  «Mouvements actions  essais recherches» La «Bibliothèque insolite» de Rudolf Mumprecht, Benteli Verlag, 2001